PARTIE HISTORIQUE


Les 3 églises de la Tranche

L’existence de la première église (en fait une chapelle), située près de l’Anse du Maupas sur une parcelle de sable « donnée en 1120 par Etienne de la Jarrie au seigneur-abbé de Talmont », fut mentionnée pour la première fois dans une charte de 1227. Ce faux document évoque un mariage entre Savary de Mauléon et Amabilis (ou Amable) du Bois. Cette charte a été réalisée de toutes pièces pour sauvegarder les droits du fils de Savary de Mauléon, Raoul IV, né hors mariage.

En 1720, Robert de Vignolle, « ingénieur du Roy », note que la chapelle est « minée par les sources de la mer ». En 1725, il en ordonne la destruction et la reconstruction « quelque cent toises plus loin » (environ 200 mètres, à l’emplacement actuel).

Construite en 1729, la 2ème église est rejointe en 1736 par le cimetière, lui aussi « empiété par la mer ».

Devenue à son tour vétuste et exiguë, la seconde église est démolie et reconstruite au même endroit, en 1868, par l’architecte Léon BALLEREAU. Le cimetière sera à nouveau déménagé en 1954, date du percement de l’avenue Maurice Samson. Il sera transféré au lieu-dit « Le Creux du Tambour ».

L’économie tranchaise d’autrefois

Sous Louis XI, La Tranche est citée parmi les ports et havres de la côte. Les Tranchais se rendent sur l’île de Ré pour tailler les vignes et vendanger. Les Rhétais accostent à La Tranche, longent sur 10 kilomètres le rivage à travers  une longue dune appelée « La  grande Parée » pour se rendre au marché de Longeville y  acheter grains et volailles ou à la foire aux bestiaux des  Moutiers.

(ICONO N°1)

En 1603, le notaire Nicolas Herpin établit des « maroys salans » (marais salants) à La Tranche. Le transport du sel vers la Normandie, le Pays Basque, l’Angleterre, s’ajoute à l’exportation des denrées agricoles. Abandonnées, les salines deviendront des prés aux noms évocateurs : Bossis, Vasais, Plate-forme, Sartière. A la fin du XXème siècle, lotissements, zone artisanale, surfaces commerciales remplaceront ces anciens marais salants. Au XVIIIème siècle, l’ail et l’oignon font l’objet d’un « commerce considérable ». Des négociants tranchais s’établissent en Irlande et en Angleterre. A partir de 1722, le dessèchement du marais entre « les paroisses d’Angles, La Tranche et autres voisines », permet l’utilisation des prés-marais pour l’élevage.

( ICONON°2)

La Révolution et les Guerres de Vendée

La Révolution est bien accueillie à La Tranche.

Lors des guerres de Vendée, les Tranchais refusent l’enrôlement dans l’Armée Catholique et Royale et repoussent les insurgés en 1793.

En 1795, le Comte d’Artois, futur Charles X, doit débarquer à La Tranche avec la flotte anglaise. Les émigrés sont censés rejoindre les troupes de Charette alors campées vers Nesmy. Ce débarquement n’aura pas lieu et condamnera définitivement l’insurrection, déjà bien compromise. Le chef vendéen, Charette, sera bientôt capturé et fusillé à Nantes en 1796.

Le combat de la frégate « La Seine », 29-30 juin 1798

La flotte anglaise impose un blocus impitoyable.

Durant toute la nuit, un combat acharné oppose « La Seine », commandée par le capitaine Bigot, à 3 frégates anglaises, à la Pointe du Grouin où les 4 navires s’échouent. Démâtée, ses poudres noyées, son équipage décimé, « La Seine » doit amener son pavillon, après avoir couler « La Pique » et endommagé gravement le « Jason », qui coulera un peu plus tard.

Les Anglais reviennent pour brûler les restes de « La Pique » et « renflouer « La Seine », qu’ils remorquent jusqu’à Portsmouth.

Emmené en captivité en Angleterre mais bientôt libéré, « en égard au courage malheureux », le capitaine Bigot est accueilli en triomphe, en France. Le Directoire (régime politique précédant la période du Consulat) le cite à l’ordre de la Nation, qui correspond à une reconnaissance de la patrie, et lui offre des armes d’honneur, après qu’un Conseil de Guerre l’ait blanchi de toute responsabilité dans la perte de son navire. « La Seine » continuera sa carrière sous pavillon anglais et finira par faire naufrage sur les côtes bataves (hollandaises).

Le XIXème siècle et le début des bains de mer

C’est en 1811, à la période du Premier Empire, que le premier cadastre est établi. Quelques années plus tard, en 1818 et 1829, les Tranchais demandent au Préfet, la réparation d’une muraille (abri longitudinal) pour favoriser l’exportation de leurs denrées (ails, oignons, échalotes, pommes de terre, haricots).

C’est en 1831 que le fanal du Grouin est construit. L’année 1866 marque l’édification de la jetée de la Pointe du Chiquet et du phare du Grouin (dynamité par les Allemands en 1944).

(ICONON°3)

La mode des bains de mer va commencer sous la restauration. La première villa est construite en 1848, par le banquier luçonnais, Eugène Daviau. Le tourisme balnéaire débute sous le Second Empire.

Le XIXème siècle voit aussi la plantation de la forêt domaniale et d’oyats, afin de fixer les dunes.

A cette même période, les cultivateurs, pour la plupart très pauvres, produisent dans le sable fèves, haricots, ail, oignons, échalotes, pommes de terre. Ces cultures ne sont possibles qu’avec l’apport de goémon, que l’on récolte sur l’estran aux grandes marées, deux fois par an (la coupe du « sart » est très réglementée et donne lieu à des fêtes au pays). Ils doivent acheter à leurs voisins de la plaine de Longeville ou d’Angles le blé, le froment, l’orge et l’avoine.

Les deux Guerres Mondiales

Première Guerre Mondiale :

67 soldats Tranchais sont tombés pendant la guerre 14 / 18. Le sergent-chef Denis s’illustre dans l’affaire de la « tranchée des baïonnettes ». Il existe une légende concernant cette tranchée qui se situe à Verdun. Des soldats, la plupart vendéens, étant à court de munitions, auraient placé des baïonnettes au niveau des canons. Mais ils se sont retrouvés ensevelis par l’explosion d’un obus allemand. La légende raconte que seules les pointes des baïonnettes sont restées visibles à la surface de la terre. Historiquement, les faits ne sont pas les mêmes. La tranchée correspond à un endroit où des corps ont été enterrés et les baïonnettes servaient de croix pour indiquer la présence de la fosse.

Seconde Guerre Mondiale :

En 1940, La Tranche héberge les réfugiés ardennais du village des Mazures et subit l’occupation allemande durant 4 ans. L’organisation Todt érige le Mur de l’Atlantique, avec des travailleurs requis.

(ICONON°4)

Un chemin de fer emmène jusqu’au phare, matériaux et ouvriers. Bunkers, tobrouks, chicanes, mines, barbelés, casemates et pièces d’artillerie hérissent la côte qui est déclarée « zone interdite ». A la Grière, d’innocentes villas sont en fait des blockhaus peints en trompe l’œil.

En 1943, des soldats hindous de la légion « Freies Indien » (Indes libres), « retournés » par les Allemands, séjournent à La Tranche. Leur allure et leurs mœurs inhabituelles inquiètent la population.

Pour dégager leurs champs de tirs, les troupes d’occupation dynamitent des maisons. La commune sera déclarée « la plus sinistrée de Vendée » à la Libération.

Craignant une nouvelle vague de démolitions, le curé Roux place la paroisse sous la protection de Notre-Dame de Fatima. En 1944, les Allemands évacuent La Tranche, après avoir fait sauter le phare. En 1946, est érigée une statue « à la Vierge de Fatima », pour la remercier d’avoir sauvé La Tranche.

En 1944, une vingtaine de Tranchais s’engagent dans les F.F.I et combattent pour la libération des poches de La Rochelle et de Saint-Nazaire.

Les Temps Modernes : De l’agriculture au tourisme

Les années 30, avec les lois sociales, voient l’explosion du tourisme. Toutefois, la culture maraîchère reste prépondérante. La vigne représente encore plus de 60 hectares en 1965.

Dates clés :

  • 1929 : Eclatement de « la Révolution », sur fond d’opposition entre une mairie anticléricale et un évêque intransigeant. Le prétexte étant le loyer du presbytère. La Tranche sera privée de prêtre pendant 7 ans et les paroissiens finiront par construire eux-mêmes une nouvelle cure sur l’enclos « Stella Maris » (cédé à la Mairie en 2005). Il faudra attendre la Libération et le retour des prisonniers pour une réconciliation « trancho-tranchaise ».
  • 1938 : La Tranche devient La Tranche-sur-Mer.
  • 1953 : Le nouveau phare est mis en service. Il remplace une tour en bois provisoire installée après le dynamitage en 1944.
  • 1954 : La Faute sur Mer est séparée de La Tranche sur Mer et devient une commune à part entière.
  • Années 50-60 : La culture des fleurs à bulbes (tulipes, narcisses, glaïeuls…) supplante celle des légumes, de moins en moins rentable. C’est la grande époque de la Fête des Fleurs et des Floralies Tranchaises (« la Petite Hollande »).

(ICONON°5)

Le tourisme devient une mono-activité à l’aube du 21ème siècle, entraînant la disparition de coutumes locales (pêches aux écluses, ramassage du goémon) et le développement d’une économie nouvelle (construction, services, campings, nautisme…). Le 1er camping municipal date de 1950.

 

PARTIE PATRIMOINE :

 

Parcours patrimonial « Mémoires Tranchaises »

Comment valoriser intelligemment les sites de visites incontournables de La Tranche sur Mer, sans dénaturer le paysage et tout en respectant durablement l’environnement ?

Voici l’un des défis de l’opération Mémoires Tranchaises, développée en partenariat avec AREXCPO (Association de Recherche et d’EXpression pour la Culture Populaire en Vendée), EthnoDoc et SENSALOGIE (filiale de l’Université de Nantes, dédiée à la valorisation de la recherche).

L’objectif du parcours Mémoires Tranchaises est de promouvoir la mémoire collective des Tranchais, via des QR codes accessibles en tout lieu et en tout temps. Pour les visiteurs, c’est le meilleur moyen de connaître la commune, grâce aux témoignages, enregistrés, des habitants. Pour les Tranchais, c’est une reconnaissance de leurs histoires qui font, par leur diversité, la richesse de ce territoire.

Six lieux emblématiques du patrimoine tranchais ont été retenus par la ville de La Tranche sur Mer :

  • Le phare
  • L’église
  • La maison forestière et la forêt domaniale
  • L’écluse à poissons
  • Le marais
  • Le moulin Grolleau

Ceux-ci, géo localisés, constituent un véritable circuit touristique.

A chaque point, un ou plusieurs témoignages, concernant l’histoire ou la vie locale d’autrefois, ont été recueillis. Ces lieux sont identifiés physiquement par un panneau sur lequel se trouve un QR code. Ce petit carré vous permet de voir sur le téléphone, ou « smartphone », tout ce qui concerne le lieu où vous vous trouvez.

Pour visionner le parcours « Mémoires Tranchaises » depuis votre ordinateur, cliquez sur le lien : http://irealite.com/44/index_pc.php?id=5&idLang=1

Pour plus d’informations, vous pouvez aussi consulter le site de l’Observatoire de l’Estran Tranchais : http://www.observatoire-estran-tranchais.fr

L’Ancre de la Pique

Cette ancre, de 2 tonnes, a été retrouvée par le club de plongée local et fut remontée en 2009. Elle appartient probablement au vaisseau anglais « La Pique ». Ce dernier s’échoua sur le Grouin du Cou, suite à la bataille du 29 juin 1798 où la frégate française « La Seine » affronta trois vaisseaux anglais, « Le Jason », « La Mermaid » et « La Pique ».

Inventeur de la découverte : M. Jean-Baptiste ESCALPEZ

Pilote du projet : M. Svend SECHER

Clubs de plongée participant : S.C.Y. et A.V.V.A.S.

Traitement : Arc Antique

L’écluse à poissons

Historiquement, une écluse permettait de retenir le poisson grâce à des murs constitués de pierres sèches et avec une ouverture en direction de la plage. Celui-ci se retrouvait pris au piège quand la marée devenait plus basse.

Ce sont principalement des familles qui géraient ces installations.

En 1729, 7 écluses ont été recensées à La Tranche sur Mer.

L’année 1853 marque l’interdiction des écluses sur tout le territoire français. Cependant, celles de La Tranche sur Mer vont être reconstruites et servir jusque dans les années 1960.

En juillet 2011, des bénévoles de l’Association de l’Observatoire de l’Estran Tranchais ont commencé à restaurer l’écluse de Victor Denis, renommée « La Caloge ». Ensemble, ils ont posé, manuellement, 1200 tonnes de pierres. De plus, les bénévoles ont dû faire face aux aléas de la mer qui pouvait détruire, en quelques minutes, le fruit de plusieurs journées de travail. Ce chantier a duré 3 ans.

 

 

 

Partager cette page sur :